Cruzy : Montplo, défilé de Sainte-Foy et village



 


Le départ de cette randonnée de 14 kilomètres pour moins de 200 mètres de dénivelé est donné depuis le parking de la cave coopérative de Cruzy (près de Quarante). Nous sommes sept dont deux mazamétains que nous accueillons le temps d'une randonnée...

Le parcours prévu démarre de La cave, traverse Cruzy, prend la direction du défilé de Marie Clause (que nous éviterons). Il contourne par le sud le Moulin de Sainte Eulalie, traverse Montplo, remonte au nord en direction de Villespassans. A Camparlan, direction sud-sud-est pour passer à la chapelle de Sainte-Foy puis plein est à travers le défilé de Sainte-Foy pour rejoindre Cruzy qui reste un joli village à visiter...

(pardon pour la présentation des cartes ! petit bug !!!)


Fenêtres à meneaux dans Cruzy

Ruelle...

Le groupe prêt pour le départ

Monuments en l'honneur des français morts au combat

Quelques nuages, mais la troupe est confiante !

Cruzy est déjà loin derrière nous

Belle oliveraie

Il tient comment ?

Claude semble admiratif !


Déjà une pause !!!!

Jaunes genêts...

Allure de vainqueur !

Genêts

Quelle équipe !!!!


Quarante...

fleur...

Belles falaises calcaires....

Le château d'eau de Quarante....

Sépulture d'un des secrétaires de Clémenceau, un certain monsieur Rouanet...Voir en fin d'article le texte remarquable rédigé par Georges Clémenceau et communiqué par Michelle BERTHOMIEU !

Il y a en réalité, au moins 7 corps à cet endroit. Malheureusement, malgré quelques recherches sur le Net, je ne trouve aucune autre information plus précise que celle communiquée par Michelle ..


Imposantes agaves !

Magnifique pin...

Et voila Montplo (Le Bas)

Petit blocage à l'arrière, mais l'avant-garde a belle allure...

Paysage environnant !

On dirait une cathédrale en construction... La Sagrada Familia ? ou simple bosquet ?

Muscari à toupet !


Magnifique chêne Kermes

Nouvelle pause, pleine route....

Salsifis sauvages....

Prometteuse récolte ! jolie future grappe..... avec le témoin encore présent de la vendange précedente !


Orchidée...

étoile de Bethléem (ornithogalum narbonense)

En admiration devant un néflier géant !

Et hop, pause de midi ! Les plus rapides seront les mieux servis ! l'établissement est relativement pauvre en chaises et fauteuils !


Devine ? Michelle (la plus rapide) prend possession du confortable équipement !

pierre ronde idéale pour barbecue !

La Reine et sa cour !!!!

Repos bien mérité !

glaïeul sauvage...

Martine sur failles géologiques !

fleurs...


Pays de vigne...

Petite capitelle entourée d'oliviers !

Morceau de liège géant ou magnifique bloc de pierre ?

Orchidée


Sortie de stars !!!

Trace de passage de sangliers ! L'arbre voisin sert de serviette de bain à ces messieurs !



La chapelle Sainte-Foi





Sortie de chapelle..


Chardon et bourrache

chardon

Chardon et coquelicot

A droite, les rochers qui dominent le défilé de Sainte Foi

La même avec Michèle à qui nous devons la totalité des images de cette randonnée...

Syrah ? Mourvèdre ? Carignan ?  Cinsault ? Grenache ? ou autres ?

Entrée du défilé de Sainte Foi

Des Ophrys et un genêt !

Arrivée dans Cruzy

Un témoin de notre passage !

Le clocher de Cruzy...

Touriste.... Au dessus, la fenêtre de gauche conserve la trace de l'impact d'un boulet tiré en 1587 soit par les troupes du Duc de Joyeuse soit par celles du Duc de Montmorency.... Nicole, ne reste pas dessous !!!


Quelques explications sur l'histoire du lavoir de Cruzy

La passe (ou le gué) sur la rivière locale, la Nazoure



De l'eau....

De l'eau dans tous les ruisseaux !

Le clocher...

L'église...



Voilà ! retour aux voitures après 14 kilomètres de belle randonnée !

Merci à Michèle CUVILLIER pour la totalité des prises de vues !

A vendredi prochain, peut-être sur les hauts de Opoul-Périllos !

Le 

Je viens de conduire à sa dernière de- meure mon cher ami, Hercule Rouanet qui fut pendant vingt ans mon compagnon de chaque jour. J'ai été favorisé de quelques amitiés très belles. Il n'en fut pas de plus proche et de plus chaude que celle-là. Vingt ans nous avons vécu de la môme vie, vingt ans nous avons cru, espéré, voulu,tenté de faire,ensemble. Dimanche il me mandait d'accourir. Toute la France à traverser. Il mourait lundi à une heure, sachant que je serais là deux heures plus tard, suppliant le médecin de lui donner encore, pour le dernier embrassement, deux heures de vie que refusait la mort impitoyable.
Nous l'avons porté au coteau de vignes qu'il avait choisi pour y dormir sa grande nuit sous la caresse des brises natales. Et je suis parti, laissant une maison vide où mille menues choses qui ne disent rien à personne sont des morceaux de ma vie. Hier je ne voulais pas parler de lui, par je ne sais quel désir de le garder ,tout à moi. Il me semble aujourd'hui que je ne peux pas reprendre ma part des luttes communes sans un dernier adieu. Gomme on me fit parler là-bas devant la dalle ouverte, il faut ici que j'évoque, au moins pour ceux qui l'ont connu, le souvenir du camarade et de l'ami
Je ne sais plus exactement dans quelles circonstances précises je fis la connaissance d'Hercule Rouanet. Je me souviens seulement qu'il se présenta tout seul, en vrai Méridional qui se sert de répondant à lui-même. Il me proposa d'être mon secrétaire. Plus riche que moi, il n'avait pas besoin d'appointements. Cette clause facilita l'accord. Il était de Gruzy (Hé- rault). Vigneron, naturellement. Il s'était engagé au lendemain de nos revers et avait gagné l'épaulette de lieutenant dans les combats de la Loire. Blessé à l'affaire du Mans, il achevait à la paix son congé de convalescence. Il refusa sa part de guerre civile, et dès qu'il fut possible de parler, prit rang parmi ceux qui intercédaient pour les vaincus.
La politique le tenait, elle ne le lâcha plus. Patriote, il avait en mépris les parades des « patriotards ». Républicain, ii ne concevait la République que comme un régime de justice sociale meilleure. Il n'était donc point de son temps, et jusque dans son Midi même on le lui lit bien voir. Mais il était supérieur à tous les revers, ayant quelque chose en son âme qui ne pouvait point fléchir. Il ne fléchit donc pas sous les coups, plus sensible aux défaites de ses amis qu'eux- mêmes,et conserva dans tous les accidents de la fortune la même égalité de bonne humeur et de courage.
Que dirai-je de lui ? puisqu'il fut l'ami qui n'a pas d'histoire. La sotte vanité de nos cabotinages nous fait croire sou- vent que ceux qui choisissent d'aimer ont la moindre part de la vie. Après quoi courons-nous ? Rouanet, philosophant, disait parfois que nous avons de trop grands gestes pour nos petites actions, et se contentait, pour appuyer la leçon, d'apporter un obscur secours dans les tentatives d'action d'un autre.
Il savait écrire, et je lui arrachai quelquefois des articles sur les questions militaires qui n'avaient cessé de lui tenir au cœur. L'idée que ses écrits pouvaient être appréciés des bons juges lui paraissait in- différente. C'est lui-même qu'il aurait vou- lu contenter : il y trouvait des difficultés fort grandes. Parmi nous, cependant, iï était heureux,et aimait à le dire. Geffroy, Winter, Jaclard, Léon Millot, Buloz, Mul- lem furent ses amitiés. Il leur fit voir, comme à moi, son cher village, ses montagnes, ses vignes, son soleil. Que de douces causeries! Et puis l'on revenait à Paris pour donner à des idées qui ne voulaient pas vivre ce qu'on avait là-bas respiré de force et de vie.
Quand il eut fait cela pendant vingt an- nées, Rouanet un jour s'arrêta, se dit fatigué, impropre à tout effort désormais. Depuis longtemps, sans qu'il eût rien dit de son mal, l'affreuse phtisie lui rongeait lentement les poumons. Il commença de cracher le sang, ne voulut point renoncer aux fumées consolatrices de sa cigarette, et, après un douloureux hiver, il vient de mourir, m'annonçant il y a quelques semaines son prochain voyage a Paris, et par crainte de me déranger, avant attendu trop tard pour m'appeler a son lit de mort.
Je parle à des hommes dont la plupart ne l'ont point connu, et les mots les plus nobles ont été si bassement prostitués de nos jours gue je désespère de trouver une phrase qui puisse traduire simplement et vraiment la douleur d'une telle affection perdue. A quoi bon, d'ailleurs L'amitié a sa pudeur, comme l'amour. Que sert d'étaler de son âme aux indifférents? L'événement du jour n'est-il pas de savoir chez qui l'on ira faire antichambre demain ?
Hercule Rouanet, qui, sans espoir de
récompense, fit tant de démarches, sou- vent vaines, pour tant de pauvres gens, n'a plus même besoin de notre souvenir. Nous le lui garderons tout de même, puis- que par là nous serons meilleurs. Ainsi sa vie, peut-être, qui pourrait paraître à des sots manquée, se continuera en nous et par nous, en d'autres encore, jusqu'à ce qu'un héritier de tant d'efforts ignorés ou connus rencontre la joie de l'action décisive où l'injustice de l'histoire attachera l'exclusif honneur.
Justice ou injustice de l'histoire, qu'importe à celui qui n'a pas plus besoin dans la vie de cet appât trompeur que des récompenses paradisiaques au delà de la mort t L'honneur est de mettre notre orgueil à réagir contre l'iniquité des choses, que l'homme tantôt aggrave et tantôt adoucit, suivant son intérêt ou son humeur. Diminuer du malheur humain est en soi une assez belle récompense sans qu'il soit besoin d'y ajouter les fumées de la gloire,dont la foule imbécile paye les massacreurs et tous les artisans du mal qui leur font cortège.
L'ami que j ai perdu fut bon pour être bon, simplement, et ne s'embarrassa pas d'autre chose. Je lui dois réconfort et courage. Si j'en témoigne ici, c'est que j'ai plaisir à retrouver en moi quelque chose de lui, après sa mort. Pour qui a donné de soi » il n'y a point de vain effort, il n'y a point d'inutile vie,
G. Clemenceau.
(Echos et Nouvelles
CALENDRIER. - Dimanche 19 juin.

Commentaires

Merci Didier pour tous les commentaires bien agréables et documentaires.

Michèle

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